Démarchage téléphonique légal ?Règles B2B, cold email et amendes en France
Le démarchage téléphonique légal en France dépend de qui vous appelez : un particulier doit avoir donné son consentement depuis le 11 août 2026, un professionnel peut être démarché s'il peut s'y opposer. Voici les règles de la CNIL, les amendes réelles et une checklist pour prospecter sans risque.
Juridique··13 min de lecture
Points clés
Le démarchage téléphonique est légal en France, sous des règles précises sur la manière de contacter.
Depuis le 11 août 2026, un particulier ne peut être appelé que s'il a donné son consentement préalable, et Bloctel a pris fin.
Entre professionnels, la CNIL admet l'intérêt légitime si l'offre est en rapport avec la profession, avec information et opposition simple et gratuite.
Les sanctions vont jusqu'à 375 000 € par appel pour une entreprise (démarchage) et 20 millions d'euros ou 4 % du chiffre d'affaires mondial (RGPD).
Dans tous les cas : vous identifier, tenir une liste d'opposition et arrêter dès qu'on vous le demande.
La réponse
Le démarchage téléphonique est-il légal en France ?
Le démarchage téléphonique est légal en France, mais encadré. Depuis le 11 août 2026, appeler un particulier exige son consentement préalable. Entre professionnels, il reste possible sur la base de l'intérêt légitime, si l'offre est en rapport avec la profession de la personne appelée, avec information et droit d'opposition simple et gratuit.
Le démarchage téléphonique est un appel passé à une personne qui n'a rien demandé, dans le but de lui proposer un produit ou un service. Juridiquement, l'étiquette compte moins que trois questions : qui appelez-vous (un particulier, un professionnel, une adresse générique), par quel canal (appel humain, automate, e-mail, SMS) et quelles données utilisez-vous (un numéro d'entreprise ou celui d'une personne nommée).
Ce guide s'adresse aux freelances, agences et PME qui prospectent des entreprises locales. Il s'appuie sur les fiches de la CNIL sur la prospection par téléphone et sur la fiche Service-Public sur le démarchage abusif. Il s'agit d'informations générales, pas d'un conseil juridique : les textes évoluent et un cas particulier mérite l'avis d'un avocat avant de lancer une grande campagne.
11 août 2026
entrée en vigueur du consentement préalable pour démarcher les particuliers (fin de Bloctel)
375 000 €
amende administrative maximale par appel pour une personne morale (Service-Public)
900 000 €
amende de la CNIL contre Solocal Marketing Services pour prospection sans consentement valable (2025)
Construisez une liste ciblée avant de décrocher le téléphone
Recherchez sur Maps, recueillez les coordonnées publiées sur les sites et organisez vos prospects dans le CRM. L’extraction est gratuite ; l'IA et l'export dépendent du forfait.
Qu'est-ce qui a changé pour le démarchage téléphonique le 11 août 2026 ?
Le régime est passé de l'opposition au consentement pour les particuliers. La CNIL rappelle que les consommateurs ne peuvent plus être démarchés par téléphone, sauf consentement préalable ou appel lié à un contrat en cours (article L. 223-1 du code de la consommation, issu de la loi du 30 juin 2025). Le service Bloctel a pris fin à la même date.
Ce changement concerne d'abord ceux qui appellent des particuliers (artisans, assureurs, agences immobilières). Les points essentiels fixés par la CNIL et le décret du 23 juillet 2026 sont les suivants :
Consentement libre, spécifique, éclairé et univoque. Il suppose une action positive, par exemple une case dédiée non précochée. L'acceptation de conditions générales ne suffit pas.
Durée limitée. La demande de consentement doit mentionner l'identité de l'appelant, la nature des biens ou services, une validité limitée à un an et la possibilité de retirer son accord.
Preuve conservée. Le consentement doit pouvoir être prouvé pendant au moins trois ans à compter de son recueil.
Créneaux horaires. Du lundi au vendredi, de 10 h à 13 h et de 14 h à 20 h, sauf accord du consommateur pour d'autres plages.
Secteurs interdits. Le démarchage est totalement interdit pour la rénovation énergétique, l'adaptation des logements à la perte d'autonomie et le compte personnel de formation.
Trois exceptions au consentement existent : les journaux et périodiques, les appels liés à un contrat en cours et les sollicitations non commerciales, comme les appels caritatifs.
B2B
Peut-on démarcher une entreprise par téléphone sans son accord ?
Oui. Pour les professionnels, la CNIL n'exige pas de consentement préalable : les règles à respecter sont l'information et une opposition simple et gratuite. La prospection peut s'appuyer sur l'intérêt légitime lorsque l'objet de l'appel est en rapport avec la profession de la personne démarchée. L'exemple donné par la CNIL est celui d'un logiciel présenté au directeur informatique d'une entreprise.
Concrètement, un appel B2B conforme respecte quatre points. L'offre colle à l'activité de l'entreprise : proposer un site web à un restaurant sans site est pertinent, proposer une assurance personnelle au gérant ne l'est pas. La personne a été informée que son numéro pouvait servir à de la prospection. Elle peut refuser facilement, et ce refus est enregistré. Enfin, chaque sollicitation permet de connaître l'identité de l'organisation qui appelle.
Quand vous achetez ou récupérez des numéros auprès d'un tiers, la CNIL précise qu'il faut vous assurer que la personne a bien été informée de l'utilisation possible de son numéro pour de la prospection et qu'elle peut s'y opposer. Pour savoir d'où viennent vos numéros, consultez notre guide sur la liste de numéros de téléphone d'entreprises, et pour l'outil de collecte, notre article pour extraire les numéros de téléphone de Google Maps.
L'opposition est un droit fort. L'article 21 du RGPD dispose que lorsque les données sont traitées à des fins de prospection, la personne a le droit de s'opposer à tout moment, et qu'après opposition ses données ne sont plus traitées à ces fins. Concrètement : une liste d'opposition, mise à jour avant chaque campagne.
Cold email
Le cold email B2B est-il légal en France ?
Oui, sous les mêmes conditions que le téléphone. La CNIL sur la prospection par e-mail, SMS et automate d'appel explique que les particuliers doivent consentir avant d'être démarchés, alors que les professionnels doivent pouvoir s'opposer. La prospection vers un professionnel peut reposer sur l'intérêt légitime lorsque l'objet est en rapport avec sa profession.
Deux précisions. Les adresses génériques de type info@, contact@ ou commande@, qui concernent des personnes morales, ne sont pas soumises à ces principes. Une adresse nominative (prenom.nom@entreprise.fr) est en revanche une donnée personnelle : elle impose information, opposition et respect du RGPD. La CNIL recommande de recueillir le droit d'opposition par une case à cocher, jamais précochée pour un consentement, et exige que chaque message révèle l'identité de l'émetteur et offre un moyen simple de refuser de nouveaux envois.
Pour un particulier, l'e-mail de prospection demande un consentement préalable, avec une seule exception : un client existant à qui vous proposez des produits ou services similaires. La CNIL précise que la simple création d'un compte en ligne ne suffit pas. Pour trouver les adresses publiées par les entreprises, voir notre guide pour extraire les adresses e-mail depuis les sites web d'entreprises.
Vue d'ensemble
Quelles règles selon le canal et la cible ?
Le tableau résume ce que disent les fiches de la CNIL citées plus haut. Les textes restent la référence.
Canal et cible
Consentement préalable ?
Règles principales
Appel à un particulier
Oui, depuis le 11 août 2026
Consentement valable un an, preuve conservée trois ans, créneaux du lundi au vendredi de 10 h à 13 h et de 14 h à 20 h
Appel à un professionnel
Non, intérêt légitime possible
Offre en rapport avec la profession, information, opposition simple et gratuite, identité de l'appelant
E-mail ou SMS à un particulier
Oui, sauf client et produits similaires
Case non précochée, désinscription simple dans chaque message
E-mail à un professionnel
Non, intérêt légitime possible
Offre en rapport avec la profession, information, opposition, identité de l'émetteur
Adresse générique (contact@)
Hors de ces principes
Personne morale : la CNIL indique que ces adresses ne sont pas soumises aux règles ci-dessus
Les amendes
Quelles amendes risque-t-on pour un démarchage illégal ?
Deux régimes se superposent : la sanction administrative du démarchage et les amendes du RGPD. Service-Public précise que le professionnel qui ne respecte pas les règles peut recevoir une amende administrative jusqu'à 75 000 € pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale, par appel, notamment s'il appelle sans consentement préalable ou ne respecte pas les jours, horaires et la fréquence des appels. La décision peut être rendue publique.
Côté données personnelles, l'article 83 du RGPD prévoit des amendes pouvant atteindre 20 000 000 € ou, pour une entreprise, 4 % du chiffre d'affaires annuel mondial, le montant le plus élevé étant retenu, notamment pour les violations des principes de base du traitement et des droits des personnes.
Un cas réel permet de mesurer ce que la CNIL sanctionne. Le 15 mai 2025, elle a infligé 900 000 € à Solocal Marketing Services pour avoir démarché des prospects par SMS et e-mail sans consentement valide, avec une injonction sous astreinte de 10 000 € par jour de retard. Les données venaient de courtiers en données, via des formulaires de jeux-concours dont l'apparence trompeuse ne permettait pas un consentement libre et univoque. La CNIL retient que l'entreprise utilisatrice des données doit elle-même s'assurer du consentement.
Appel sans consentement préalable, jours, horaires et fréquence non respectés
RGPD, article 83
20 millions d'euros ou 4 % du chiffre d'affaires mondial
Principes de base du traitement, consentement, droits des personnes
CNIL, Solocal Marketing Services (mai 2025)
900 000 € et astreinte de 10 000 € par jour
Prospection électronique sans consentement valable, données achetées à des courtiers
Les mêmes erreurs reviennent : aucune base documentée, une opposition qui ne fonctionne pas et aucune trace de l'origine du contact. Corrigez ces trois points et l'essentiel du risque disparaît.
Les pièges
Quelles erreurs font basculer une prospection dans l'illégalité ?
Ces quatre pièges découlent directement des règles citées plus haut :
Appeler un particulier sans consentement
Depuis le 11 août 2026, c'est la faute la plus coûteuse : une amende peut être appliquée par appel. Un particulier qui s'est inscrit quelque part n'a pas forcément accepté d'être appelé par vous.
Ignorer une opposition
Un professionnel qui refuse doit être retiré de vos listes, pour le téléphone comme pour l'e-mail. Sans liste d'opposition vérifiée avant chaque campagne, un rappel négligent devient une infraction.
Acheter une liste sans provenance
Le dossier Solocal le montre : utiliser des données issues de courtiers ne vous dispense pas de vérifier le consentement, et une source impossible à tracer est impossible à justifier.
Une offre sans rapport avec la profession
L'intérêt légitime B2B suppose un lien avec l'activité de la personne. Un argumentaire générique envoyé à tout le monde fragilise votre base juridique.
Checklist
Comment faire du démarchage téléphonique et du cold email en règle ?
Appliquez cette routine à chaque campagne, que vous soyez freelance, agence ou petite équipe commerciale :
Classez chaque contact. Particulier, professionnel ou adresse générique : les règles changent selon le type, donc étiquetez-le dès la collecte.
Visez la bonne cible. Pour du B2B, contactez une entreprise à propos d'un besoin lié à son activité. Les particuliers ne s'appellent qu'avec un consentement prouvé.
Informez à la collecte. Indiquez que le numéro ou l'e-mail peut servir à de la prospection et proposez une opposition facile.
Identifiez-vous. Donnez votre nom et celui de votre entreprise au début de l'appel, et l'identité de l'émetteur dans chaque e-mail.
Offrez un refus simple. Lien de désinscription ou phrase claire à l'oral, gratuit, et traité immédiatement.
Tenez des registres. Conservez l'origine de chaque contact, la date d'opposition et, pour le B2C, la preuve du consentement pendant trois ans.
Ce n'est pas la prospection qui met en difficulté. C'est l'absence de règles autour d'elle.
Vos données
Peut-on démarcher les entreprises trouvées sur Google Maps ?
Oui, en B2B, et la légalité dépend de la cible, du canal et de l'information donnée. Un numéro affiché publiquement reste soumis à l'opposition, et les données d'une personne nommée relèvent du RGPD. Sur le volet de la collecte, lisez extraire des données de Google Maps est-il légal.
Recherchez sur Google Maps et appuyez sur Start : Vonsel rassemble les entreprises des résultats pendant que vous explorez la carte. Google Maps ne fournit pas les emails des entreprises, donc Vonsel visite leurs sites disponibles pour trouver les emails publiés, des téléphones supplémentaires et des liens vers les réseaux sociaux compatibles. Les résultats dépendent du contenu publié. Vous organisez ensuite les entreprises sur une carte par étape, avec notes, étiquettes et champs personnalisés, ce qui permet de marquer les contacts à ne plus appeler.
Vonsel sert à constituer votre liste. Il ne choisit pas votre base légale et ne vérifie pas les oppositions à votre place : vous restez responsable de la manière dont vous contactez chaque entreprise.
En bref
L'essentiel à retenir
Le démarchage téléphonique est légal, mais le consentement préalable est obligatoire pour les particuliers depuis le 11 août 2026.
En B2B, l'intérêt légitime suffit si l'offre est en rapport avec la profession, avec information et opposition simple.
Les sanctions sont réelles : jusqu'à 375 000 € par appel, et 900 000 € dans le dossier Solocal.
Identifiez-vous, documentez l'origine de vos contacts et arrêtez dès qu'on vous le demande.
Prospectez avec une liste propre et documentée
Recherchez sur Maps, recueillez les coordonnées publiées sur les sites et organisez vos prospects dans le CRM. L’extraction est gratuite ; l'IA et l'export dépendent du forfait.
Le démarchage téléphonique est-il légal en France ?
Oui, mais il est encadré. Depuis le 11 août 2026, appeler un particulier à des fins commerciales exige son consentement préalable. Entre professionnels, le démarchage reste possible sur la base de l'intérêt légitime, à condition que l'offre soit en rapport avec la profession de la personne appelée, qu'elle ait été informée et qu'elle puisse s'opposer simplement et gratuitement.
Peut-on démarcher une entreprise par téléphone sans son accord ?
Oui, en B2B le consentement préalable n'est pas exigé. La CNIL admet l'intérêt légitime lorsque l'objet de l'appel est en rapport avec la profession de la personne démarchée, par exemple un logiciel proposé à un directeur informatique. Il faut vous identifier à chaque appel, respecter immédiatement toute opposition et ne pas rappeler la personne qui a refusé.
Bloctel existe-t-il encore ?
Non. Le service Bloctel a pris fin avec l'entrée en vigueur, le 11 août 2026, du régime fondé sur le consentement préalable du consommateur, issu de la loi du 30 juin 2025. L'inscription sur Bloctel n'est plus nécessaire pour être protégé : un particulier n'est appelé que s'il a donné son accord, et il peut le retirer à tout moment.
Quels sont les horaires autorisés pour le démarchage téléphonique ?
Pour les consommateurs ayant donné leur consentement, la CNIL indique que la prospection est autorisée du lundi au vendredi de 10 h à 13 h et de 14 h à 20 h. Elle est interdite en dehors de ces créneaux, ainsi que le week-end et les jours fériés, sauf si le consommateur a accepté d'être appelé à d'autres moments.
Le cold email B2B est-il légal en France ?
Oui, sous conditions. Selon la CNIL, la prospection par e-mail vers un professionnel peut reposer sur l'intérêt légitime si le message est en rapport avec sa profession. La personne doit être informée de l'usage de son adresse, pouvoir s'opposer simplement et gratuitement, et chaque message doit identifier l'organisme expéditeur. Les adresses génériques de type contact@ ne sont pas concernées par ces principes.
Quelle amende risque-t-on pour un démarchage téléphonique illégal ?
Service-Public indique une amende administrative pouvant aller jusqu'à 75 000 € pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale, par appel, notamment en l'absence de consentement préalable. Côté données personnelles, le RGPD prévoit jusqu'à 20 millions d'euros ou 4 % du chiffre d'affaires annuel mondial pour certaines violations.
Puis-je appeler les entreprises trouvées sur Google Maps ?
Oui en B2B, à condition de respecter les règles du canal : information, opposition simple, identification de l'appelant et offre en rapport avec l'activité de l'entreprise. Une fiche Google Maps n'est pas une autorisation en soi. Vonsel vous aide à constituer et organiser la liste, mais vous restez responsable de la manière dont vous contactez chaque entreprise.